Je raccrochai le téléphone et le posai sur ma table de chevet. Je réunis toutes mes forces pour me lever et me rendre à la salle de bain. J'avais une mine affreuse, mes cheveux étaient dans un état lamentable et on pouvait même voir les traces des larmes qui avaient coulées toute la nuit sur mes joues blanches. Je fis couler l'eau chaude de la douche pendant une bonne dizaine de minutes avant de me décider à y entrer. Je me brossai les dents et m'assis dans le salon. J'attendais, le regard perdu dans le vague. On cogna à la porte deux fois avant que mon corps obéisse à mes ordres. Lorsque j'ouvris elle me regarda, de la pitié plein les yeux. Ça me frappa de plein fouet, tel une claque en plein visage. Mes yeux se remplirent de larmes qui se déversèrent presque aussitôt sur mes joues.
-And my heart is burning, and my hands are shaking.
...And my mouth is screaming your name. Très rapidement elle s'approcha de moi pour me serrer dans ses bras. Tout mon corps tremblait. Mon c½ur cognait si fort qu'il étouffait sûrement le sien. Je m'en voulais de lui faire subir tout ça, de lui infliger mes pleurs, mon désespoir. Ça me faisait tellement de mal, mais tellement de bien à la fois, de pouvoir enfin partager toutes ces larmes avec quelqu'un. Qu'elle me trouve fragile, je n'en ai rien à faire. J'en ai marre de sans cesse me battre, d'avoir l'air forte alors que je ne le suis pas du tout. Je me liquéfiais dans ses bras. Je m'attendais à ce qu'elle se tanne et s'éloigne; non. Elle restait collée à moi, me réconfortant du mieux qu'elle pouvait. Ce fût moi qui m'éloignai d'elle. Nos regards se croisèrent et je réalisai que ce n'était pas vraiment de la pitié qui se trouvait dans ses yeux, mais plutôt de l'impuissance, un besoin d'aider et de réconforter qu'elle ne pouvait assouvir tant que mon coeur ne cessait de crier.
ܤ > Confidente pour confidence, toi seule à compris.